Adénopathie
Une adénopathie correspond à une hypertrophie de plus de 1 cm d’un ganglion lymphatique consécutive à une réaction immunologique locorégionale ou générale, une prolifération tumorale primitive lymphoïde ou un envahissement tumoral non lymphoïde.
La démarche diagnostique varie selon s’il s’agit d’une adénopathie localisée ou s’il s’agit d’une polyadénopathie.
L’étiologie est le plus souvent infectieuse.
Démarche diagnostique
Interrogatoire
Antécédents personnels :
Maladie infectieuse : infection tuberculeuse
Maladie cancéreuse : lymphome, leucémie lymphoïde chronique, cancer solide
Exposition environnementale ou professionnelle
Intoxication tabagique ou alcoolique
Voyages anciens ou récents
Rapports sexuels à risque
Vaccinations à jour
Contact avec des animaux
Mode d’apparition
Syndrome inflammatoire
Signes généraux
Signes B, prurit
Symptômes ORL (odynophagie, dysphagie, dysphonie, ...)
Symptômes articulaires
Clinique
L’examen clinique précise les caractéristiques de l’adénopathie :
Sa localisation
Sa taille
Sa consistance : molle, élastique, ferme, dure, rocailleuse...
Sa forme
Son caractère douloureux
Son adhérence aux plans superficiels et profonds
L’état cutané en regard : inflammatoire, ulcéré, fistulisé...
Recherche d’une hépatomégalie ou splénomégalie
Hypertrophie amygdalienne
Biologique
En cas d’adénopathie cervicale et de cause identifiée à l’examen clinique le bilan paraclinique n’est pas nécessaire.
Démarche diagnostique devant une adénopathie isolée :
Une étude attentive du territoire physiologique de drainage recherche une cause infectieuse ou tumorale. Le bilan paraclinique dépend du territoire de drainage et de la situation clinique. Par défaut, il s’inspire du bilan d’une polyadénopathie.
Le mélanome est capable de disséminer dans un territoire non drainant.
Démarche diagnostique devant une polyadénopathie :
Le bilan paraclinique est essentiel. Il recherche avant tout une anomalie biologique :
NFS
CRP
Ionogramme
Créatinine, DFG
Bilan hépatique : ASAT, ALAT, GGT, PAL
Sérologies infectieuses :
EBV, CMV, VIH, toxoplasmose, syphilis
Selon le contexte : Bartonella, Coxiella, Francisella
En l’absence d’orientation il convient de rechercher :
Brucellose, leishmaniose
Sarcoïdose, lupus, polyarthrite rhumatoïde
Examens complémentaires
Échographie ganglionnaire
Selon le contexte :
radiographie de thorax voire scanner thoracique à la recherche d’adénopathie médiastinale
Echographie abdominale à la recherche d’adénopathie profondes
Si nécessaire un scanner TAP
Cytoponction à l’aiguille (peu sensible) :
Examen cytologique
Examen cyto-bactériologique direct, avec mise en culture sur milieux adaptés
+/- PCR (Mycobacterium tuberculosis, Bartonella...)
Biopsie
Idéalement par exérèse chirurgicale
En cas de polyadénopathies on préfèrera épargner les territoires axillaires et inguinaux pour le risque de lymphocèle ou lymphoedème séquellaire
Mesures générales
Une biopsie doit être proposée devant toute adénopathie persistant depuis plus d’un mois.
Adénopathies cervicales :
En cas de cause identifiée à l’examen clinique le bilan paraclinique n’est pas nécessaire.
En cas d’absence de cause évidente, une faible symptomatologie et une taille modérée, une simple surveillance est indiquée.
Dans les autres cas, un bilan diagnostique est nécessaire.
Un examen clinique spécialisé en ORL est recommandé.
Toute adénopathie persistant depuis plus d’un mois nécessite une ponction à l’aiguille voire une biopsie chirurgicale.
Adénopathies sus-claviculaires : Cause plus souvent néoplasique, les examens complémentaires doivent être systématiques.
Adénopathies inguinales : un examen clinique spécialisé en gynécologie est indiqué.
Étiologies
Adénopathies cervicales :
Infectieuses : EBV, CMV, VIH, toxoplasmose, tuberculose, syphilis, Bartonella spp, Coxiella burnetii, Francisella tularensis
Néoplasique : lymphome, cancer ORL
Adénopathies sus-claviculaires : Cause plus souvent néoplasique (lymphome ou ganglion de Troisier)
Adénopathies axillaires :
Cancer du sein
Maladie des griffes du chat
Autres pathologies d’inoculation : tularémie, tuberculose ganglionnaire
Adénite réactionnelle à une vaccination récente contre la tuberculose (ou autre)
Réaction inflammatoire à un corps étranger (prothèse mammaire)
Adénopathies épitrochléennes :
Infection locale, maladie des griffes de chat, syphilis...
Lymphome/leucémie
Sarcoïdose
Adénopathies inguinales
Infections sexuellement transmissibles : syphilis, chancre mou, lymphogranulomatose vénérienne
Cancer
Il convient d’écarter des diagnostics différentiels :
Tout territoire : Lipome, masse vasculaire artérielle, tumeur
Localisation cervicale :
Tumeur parotidienne, sous maxillaire et thyroïdienne
Glandes salivaires principales
Kyste congénital cervical
Laryngocèle
Reliefs osseux : L’apophyse transverse de l’atlas (C1) et la saillie du tubercule de Chassaignac (tubercule antérieur de C6)
Bulbe carotidien athéromateux
Os hyoïde
Localisation sus-claviculaire : schwannome du plexus brachial, cancer de l’apex pulmonaire (Pancoast-Tobias)
Localisation inguinale : hernie inguinale, ectopie testiculaire, kystes du cordon spermatique
En zone sudoripare (creux axillaire ou inguinal) : hidrosadénite
Références
1.
Collège des universitaires de maladies infectieuses et tropicales (CMIT). Adénopathie superficielle de l’adulte et de l’enfant. In: Pilly Étudiant 2023. 2e édition. Alinéa Plus Édition; 2023. p. 315‑8.
2.
Adénopathie: Évaluation, Diagnostic et Outils de Prescription pour Médecins [Internet]. [cité 22 août 2026]. Disponible sur: https://www.ordotype.fr/pathologies/adenopathie
3.
Société Française d’Hématologie. Item 220 Adénopathie superficielle de l’adulte et de l’enfant. In: Hématologie. Elsevier Masson. p. 171‑81.
4.
Université Médicale Virtuelle Francophone. Item 291 : Adénopathie superficielle [Support de cours universitaire] [Internet]. Université Médicale Virtuelle Francophone; 2011 2010. Disponible sur: https://archives.uness.fr/sites/campus-unf3s-2014/hematologie/enseignement/hematologie_291/site/html/cours.pdf
