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Anomalies de la NFS

Hyperlymphocytose

Taux de lymphocytes > 4 G/L. Les étiologies sont diverses, le plus souvent réactionnelles mais parfois une lymphocytose peut traduire une maladie lymphoïde sous jacente. Le contexte clinique est essentiel à l’interprétation du résultat. L’orientation diagnostique est guidée par le frottis sanguin.

Démarche diagnostique

Interrogatoire

  • Présence de signes généraux ou de signes B

  • Point d’appel infectieux

  • Antécédents chirurgicaux éventuels (splénectomie)

  • Risque d’infection sexuellement transmissible

  • Intoxication tabagique

Clinique

  • Recherche d’un syndrome tumoral

  • Recherche d’une éruption cutanée

  • Signe de maladie auto immune

Biologique

En première intention : 

  • NFS avec lecture du frottis sanguin (recherche d’anomalies morphologiques des lymphocytes et/ou d’un syndrome mononucléosique)

  • CRP

  • EPS

  • MNI test

En deuxième intention :

  • En cas de MNI test négatif : sérologie EBV, voire charge virale

  • Sérologie VIH, CMV

  • Sérologie toxoplasmose

  • Immunophénotypage lymphocytaire : indiqué en cas de lymphocytose persistante (> 3mois)

Examens complémentaires

Examens spécialisés :

  • Examens de cytogénétique et biologie moléculaire

Mesures générales

  • Dans la plupart des cas l’hyperlymphocytose est transitoire, réactionnelle ou infectieuse et un simple contrôle à 3 mois est indiqué lorsqu’elle est sans particularité.

  • En cas de persistance à 3 mois un bilan complémentaire avec immunophénotypage lymphocytaire est indiqué.

  • En cas d’hyperlymphocytose suspecte (avec aspect cytologique suspect au frottis), un bilan complémentaire avec immunophénotypage lymphocytaire d’emblé est indiqué.

Étiologies

  • Dans la plupart des cas chez le sujet jeune la cause de l’hyperlymphocytose est infectieuse :

    • EBV : fièvre, pharyngite/angine, splénomégalie et adénopathies

    • CMV

    • Autres causes :  rubéole, rougeole, oreillon, varicelle, primo infection VIH, hépatites, grippe saisonnière, adénovirus, coqueluche, bartonellose, toxoplasmose...

    • Plus rarement : paludisme, brucellose, syphilis, listériose, tuberculose, rickettsiose

  • Leucémie lymphoïde chronique : la principale cause d’hyperlymphocytose persistante chez le sujet âgé 

  • Autres hémopathies :

    • Syndrome lymphoprolifératif (lymphome de bas grade avec phase leucémique) 

    • Maladie de Waldenström

    • Lymphocytose B monoclonale : lymphocytes B monoclonaux < 5 G/L et absence de critères diagnostique de maladie lymphoproliférative, de syndrome tumoral ou de cytopénies.

  • Lymphocytose B polyclonale persistante à cellules B : lymphocytes binucléés et polyclonaux classiquement observés chez la jeune femme fumeuse.

Adressage spécialisé

Des signes généraux, des signes B, la présence d’un syndrome tumoral ou l’association avec des cytopénies doivent faire évoquer une pathologie lymphoïde sous-jacente. 

En cas de lymphocytose suspecte au frottis sanguin, une hémopathie doit être évoquée et confirmée par un immunophénotypage lymphocytaire, un avis hématologique devra être pris.


Références

1.

Société française d’hématologie. Item 212 Hémogramme chez l’adulte et l’enfant : indications et interprétation. In: Hématologie. Elsevier Masson; 2024. p. 31‑46.

2.

Les hyperlymphocytoses [Fiche pratique / newsletter de biologie médicale] [Internet]. Belvaux, Luxembourg; févr 2024. Fiche pratique / newsletter de biologie médicale Coito, Sylvie. Disponible sur: https://www.ketterthill.lu/wp-content/uploads/2024/02/Les-Hyperlymphocytoses.pdf

Dernière mise à jour: 16 août 2026