Polyglobulie
La polyglobulie correspond à une augmentation de l’hématocrite > 48 % chez la femme et > 52 % chez l’homme ou un taux d’hémoglobine > 16 g/dL chez la femme et > 16.5 g/dL chez l’homme.
Situation d'urgence
Une hématocrite > 60% est une situation urgente nécessitant un avis spécialisé et des mesures thérapeutiques urgentes : soustraction sanguine par phlébotomie.
Démarche diagnostique
Interrogatoire
Antécédents médicaux
Intoxication tabagique
Signes généraux (asthénie, amaigrissement, anorexie) et présence de sueurs
Clinique
Poids, taille, IMC
Pression artérielle, fréquence cardiaque
SpO2
Examen cardio-respiratoire
Signes clinique de déshydratation : fausse polyglobulie qui sera corrigée par réhydratation
Signes d'hyperviscosité : érythrose faciale, pléthore, engorgement veineux rétinien, dyspnée d'effort, acouphènes, céphalées
Prurit aquagénique
Recherche d’hépato-splénomégalie
Érythromélalgies (brûlures/douleurs extrémités associées à un érythème)
Signes de Thromboses :
Artérielles : AVC/AIT, coronariennes, membres inférieurs
Veineuses : TVP, thromboses splanchniques (portale, Budd-Chiari)
Goutte (hyperuricémie)
Biologique
NFS
Recherche une polynucléose neutrophile > 12,5 G/L et thrombocytoseVitamines B9 et B12
Sodium et potassium
Calcémie
Ferritinémie
Créatininémie, DFG
ASAT, ALAT, GGT, PAL
TP
LDH
Acide urique
Le dosage de l’EPO étant un acte hors nomenclature, il sera préférentiellement réalisé à l’hôpital, autrement un reste à charge sera demandé au patient (entre 100 et 150€).
Examens complémentaires
Bilan de syndrome d’apnées obstructives du sommeil
Bilan pulmonaire
Bilan cardiologique
Mesures générales
Contrôle strict des facteurs de risque cardio-vasculaire
Hydratation correcte
Il n’existe pas de recommandation précise, mais l'introduction d'un antiagrégant plaquettaire peut être envisagée, surtout en cas de facteur de risque cardiovasculaire surajouté, et en l'absence de syndrome hémorragique.
Étiologies
Vraies polyglobulies secondaires (réelle augmentation de la masse sanguine):
Polyglobulies acquises :
Hypoxie chronique : Tabagisme, BPCO, SAOS, cardiopathies cyanogènes, altitude
Métabolique : obésité, HTA, alcoolisme, syndrome de Gaisbock (adulte obèse hypertendu avec néphropathie)
Tumeurs sécrétant de l’EPO : rénales, hépatiques, endocrines, diverses
Polyglobulies des autres syndromes myéloprolifératifs : LMC (BCR-ABL+), thrombocytémie essentielle, myélofibrose primitive
Polyglobulies congénitales :
Primitive (rare) : Mutation sur le gène du récepteur de l'érythropoïétine entraînant une hypersensibilité à l’EPO
Secondaires : hémoglobine à affinité accrue pour l’O2, déficit en 2,3-DPG mutase, hyperproduction autonome d’EPO
Fausses polyglobulies : Thalassémie (Hématies augmentées, mais VGM bas, Hb et Hte normales ou basses), perte liquidienne, déshydratation.
Adressage spécialisé
Toute polyglobulie persistante, dont le bilan d’étiologie secondaire est négatif, nécessite un avis spécialisé en hématologie pour rechercher un syndrome myéloprolifératif.
Références
1.
Société française d’hématologie. Item 212 Hémogramme chez l’adulte et l’enfant : indications et interprétation. In: Hématologie. Elsevier Masson; 2024. p. 31‑46.
2.
Orphanet: Polyglobulie de Vaquez [Internet]. [cité 21 août 2026]. Disponible sur: https://www.orpha.net/fr/disease/detail/729
3.
FRON JB. RecoMédicales [Internet]. 2023 [cité 22 août 2026]. Polyglobulie. Disponible sur: https://recomedicales.fr/recommandations/polyglobulie/
4.
Polyglobulie primitive de Vaquez et autres polyglobulies | HEMATOCELL [Internet]. [cité 21 août 2026]. Disponible sur: https://www.hematocell.fr/globules-rouges-et-leur-pathologie/polyglobulie-primitive-de-vaquez-et-autres-polyglobulies
5.
Syndromes myéloprolifératifs. MedG [Internet]. 19 sept 2019 [cité 21 août 2026]. Disponible sur: https://www.medg.fr/syndrome-myeloproliferatif-smp/
