Leucémie myéloïde chronique
Informations Générales
Définition
Syndrome myéloprolifératif Ph+, défini par l’apparition d’un gène chimérique BCR-ABL
Atteinte préférentielle de la lignée granuleuse neutrophile
Les parties bleues concernent le médecin généraliste, les parties rouges sont du ressort de l'hématologue et sont à visée informative
Physiopathologie
Translocation du chromosome 22, avec le chromosome 9
Formation d’un nouveau chromosome « minute » appelé chromosome de Philadelphie.
à l’échelle moléculaire : fusion du gène BCR (du chromosome 22) et du gène ABL( du chromosome 9), transcrit puis traduit en une protéine kinase chimérique
Activation constitutive de protéines kinases liées à la prolifération cellulaire (voie JAK/STAT) : Prolifération excessive de la lignée granuleuse et mégacaryocytaire, diminution de l’apoptose
Épidémiologie
Prédominance masculine
1 à 2 cas pour 100 000
Âge médian au diagnostic : 65 ans
Clinique
Présentation Clinique
Fréquemment asymptomatique
Signes généraux : asthénie, perte de poids, sueurs nocturnes
Syndrome tumoral : splénomégalie. /!\ Pas d’adénopathie /!\
Autres : signes d’anémie, goutte
Biologie
Anomalies de l'hémogramme
Hyperleucocytose : PNN +++, basophilie (très évocateur), PE
Possible anémie
Thrombocytose modérée fréquente
Absence de syndrome inflammatoire
Myélogramme
Hypercellularité avec hyperplasie granuleuse à tous les stades de maturation
Blastes < 10% en phase chronique
Cytogénétique : Mise en évidence de la translocation t(9 ;22) sur le caryotype avec apparition du chromosome Philadelphie, associé à une recherche d’anomalie additionnelles
Biologie moléculaire : présence du transcrit BCR-ABL
Diagnostic
Critères diagnostiques
Mise en évidence du transcrit BCR-ABL dans le sang ou dans la moelle, associé à une NFS évocatrice (hyperleucocytose à PNN associée à une myélémie et une basophilie).
Critères diagnostiques de la phase blastique :
Excédent de blastes de > 20% présents dans la moelle ou le sang
Présence d’une prolifération extramédullaire de blastes
Détection de lymphoblastes
Diagnostics différentiels
Hyperleucocytose modérée avec ou sans myélémie : inflammation ou infection, corticothérapie, facteurs de croissance granulocytaire
Hyperplaquettose prédominante : thrombocytoses réactionnelles et thrombocytémie essentielle
Hyperleucocytose avec myélémie déséquilibrée et BCR-ABL négatif : myélofibrose primitive, SMP atypique
Autres causes de splénomégalie
Conduite à tenir
Traitement et suivi
Traitement
Objectif : rémission moléculaire (BCR-ABL indétectable)
Inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK)
Inhibiteur de tyrosine kinase de première génération : imatinib
ITK de deuxième génération : dasatinib, nilotinib, bosutinib
ITK de troisième génération : ponatinib
Asciminib depuis 2022
Allogreffe de cellules souches hématopoïétique :
Anecdotique depuis l’arrivée des ITK
Indications résiduelles : Résistance aux ITK, phase blastique
Objectifs thérapeutiques :
Réponse hématologique complète : à 3 mois
Réponse cytogénétique complète : à 6 mois
Réponse moléculaire majeure (RMM) : à 12 mois
Complications
Suivi
Clinique :
Surveillance clinique d’une splénomégalie
Apparition de signes généraux
Recherche de syndrome hémorragique, thrombose
S’assurer de la bonne tolérance clinique du traitement et de sa bonne observance
Biologique :
NFS toutes les 2 semaines jusqu’à réponse hématologique complète, puis tous les 3-6 mois à distance de la phase d’introduction de traitement
PCR quantitative de BCR-ABL tous les 3 mois, sur prélèvement sanguin (même après avoir atteint et confirmé la MMR)
Test cytogénétique sur moelle : sera réalisé une fois au début du suivi
“Rémission sans traitement”, possible arrêt des ITK si les conditions suivantes sont réunies :
Le patient accepte un suivi plus fréquent après l’arrêt du traitement. Tous les mois pendant les 6 premiers mois, tous les 2 mois entre le 6ème et le 12ème mois, et ensuite tous les 3 mois
Le patient a reçu un ITK pendant plus de 5 ans (ou plus de 4 ans avec un ITK de deuxième génération)
Le patient a été en réponse moléculaire profonde pendant plus de 2 ans
Évolution
L’évolution sous traitement rend la phase d’accélération anecdotique au profit de deux phases : une phase chronique et une phase d’acutisation ou blastique
Excellente survie sous traitement
En l'absence de traitement, évolution en trois phases :
Phase chronique :
Durée de 3 à 5 ans
Le plus souvent asymptomatique
Phase d’accélération :
Durée de 12 à 18 mois
Signes généraux, douleurs osseuses, splénomégalie
Blastes 10 à 19%, thrombopénie
Phase blastique :
Signes généraux, douleurs osseuses, splénomégalie, adénopathies
Blastes > 20% dans le sang ou la moelle ou prolifération extra médullaire blastique ou présence de lymphoblastes
Transformation en LA myéloïde dans ⅔ des cas, transformation en LA lymphoïde dans ⅓ des cas
Pronostic
Excellente survie sous traitement
Références
1.
Leucémie Myéloïde Chronique | HEMATOCELL [Internet]. [cited 2026 Aug 13]. Available from: https://www.hematocell.fr/pathologie-granulocytaire-syndromes-myeloproliferatifs/leucemie-myeloide-chronique
2.
Item 317 Syndromes myéloprolifératifs - Hématologie - ClinicalKey Student [Internet]. [cited 2026 Aug 13]. Available from: https://www-clinicalkey-com.scd-rproxy.u-strasbg.fr/student/content/book/3-s2.0-B9782294782800500149
3.
MedG) V (admin. Leucémie myéloïde chronique. MedG [Internet]. 2019 Sep 19 [cited 2026 Aug 13]. Available from: https://www.medg.fr/leucemie-myeloide-chronique-lmc/
4.
Orphanet: Leucémie myéloïde chronique [Internet]. [cited 2026 Aug 13]. Available from: https://www.orpha.net/fr/disease/detail/521
