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Anomalies de la NFS

Thrombopénie

Elle est définie par un taux de plaquettes < 150 G/L

Le risque hémorragique spontané est minime au dessus de 50 G/L, sauf thrombopathie associée dans le cas de l’insuffisance rénale ou certaines prises médicamenteuses (antiagrégant plaquettaire et anticoagulant).

Situation d'urgence

Toute thrombopénie < 20 G/L nécessite un avis spécialisé urgent. 

Toute thrombopénie associée à un syndrome hémorragique nécessite une prise en charge urgente.

Tout purpura fébrile est un purpura fulminans jusqu’à preuve du contraire et doit être pris en charge en urgence. 

Une attention particulière sera portée aux patients présentant un purpura extensif, un syndrome hémorragique, ou souffrant de comorbidité (antécédents médicaux, âge > 60 ans, traitement anticoagulants ou antiagrégants).


Démarche diagnostique

Interrogatoire

  • Récupérer les résultats des NFS anciennes

  • Antécédents familiaux et médico-chirurgicaux

  • Point d’appel infectieux, voyage récent ou ancien en zone d’endémie palustre

  • Syndrome anémique

  • Traitement en cours, chimiothérapie

  • Intoxication alcoolique

  • Grossesse en cours

Clinique

En cas de thrombopénie <50 G/L une attention particulière au syndrome hémorragique doit être portée : 

  • Saignement extériorisé : 

    • ORL : Épistaxis, gingivorragies, bulles hémorragiques intrabuccales

    • Digestif : rectorragies, méléna, hématémèse

    • Gynécologique : méno-métrorragies

    • Urologique : hématurie

    • Cutanéo-muqueux : Purpura pétéchial et son extension, ecchymoses spontanées et leurs extensions

  • Un saignement occulte : 

    • Céphalée et/ou déficit neurologique focal

    • Douleurs abdominales inhabituelles

    • Hématurie microscopique à la BU

  • Un examen cutané complet  pour évaluer le syndrome hémorragique cutané ou purpura 

    • Pétéchies, le principal symptôme de la thrombopénie : fine macule rouge ne disparaissant pas à la vitropression

    • Ecchymoses : forme extensive de purpura par confluence de pétéchies

  • Signes de défaillance hémodynamique

  • Syndrome tumoral dont hépato - splénomégalie

  • Syndrome fébrile/septique : tout purpura fébrile est un purpura fulminans jusqu’à preuve du contraire et doit être pris en charge en urgence !

Biologique

  • NFS, réticulocytes

  • Frottis sanguin

  • EPS, Dosage pondéral des immunoglobulines

  • Sérologies VIH, VHB, VHC

  • Bilan hépatique (hépatopathie chronique)

  • Vitamine B9 et B12

  • Anticorps antinucléaires (lupus)

  • Créatinine, DFG

  • Ionogramme

  • CRP

  • Bilan de coagulation : TP, TCA, fibrinogène

  • Bilan d’hémolyse : haptoglobine, LDH, bilirubine

  • ECBU ou BU (recherche d'hématurie)

  • En cas de syndrome hémorragique : groupage, rhésus et RAI

Selon le contexte clinique ou en deuxième intention : 

  • Recherche d'H. pylori

  • TSH et anticorps anti-thyroïde

  • Recherche d'anticoagulant lupique, anticardiolipides, anti-bêta 2 GP1

  • Immunofixation des protéines sériques

  • Immunophénotypage des lymphocytes circulants

Recherche spécialisée : 

  • Anticorps antiplaquettaires par MAIPA

Examens complémentaires

Un myélogramme est indiqué en cas :

  • D’anomalie des lignées à la NFS ou d’anomalie au frottis sanguin

  • De syndrome tumoral

  • De thrombopénie persistante et profonde inexpliquée

Mesures générales

  • La thrombopénie doit se confirmer sur tube citraté

  • Il convient de contrôler la NFS à 1 mois en cas de thrombopénie isolée > 100 G/L

    • Thrombopénie stable à 1 mois, un avis spécialisé doit s’envisager en cas :

      •  D’antécédent familial au premier degré d’hémopathie ou de thrombopénie

      • De volume plaquettaire moyen > 12 fl ou d’anomalie plaquettaire au frottis

      • En cas de syndrome tumoral ou de splénomégalie

      • En cas de cirrhose

    • Dans les autres cas une simple surveillance mensuelle de la NFS pendant 6 mois peut s’envisager

  • Arrêt des anti agrégant plaquettaire en cas de thrombopénie < 80 G/L

  • En cas de thrombopénie < 50 G/L on recommande d’éviter : 

    • Injection intramusculaire

    • Biopsie percutanée

    • Toute intervention chirurgicale

    • Ponction lombaire

    • Ponction pleurale ou péricardique

    • Sports traumatisants

Étiologies

Une fausse thrombopénie par agglutination liée à l’EDTA doit être éliminée.

Thrombopénies de dilution

  • Hypersplénisme (thrombopénie souvent modérée, > 50 G/L)

  • Transfusion massives en CGR ou plasma

Thrombopénies centrales : 

  •  Alcool (toxicité aiguë ou chronique)

  • Infections bactériennes (CIVD et production d’endotoxine) ou certaines infections virales (hépatites, CMV, parvovirus, VIH, EBV, ROR, varicelle)

  • Etiologies des bi- et des pancytopénies :

  • Iatrogène : Chimiothérapie, antibiotiques...

  • Certaines thrombopénies constitutionnelles, amégacaryocytoses

Thrombopénie périphériques :

  • Auto-immunes :

    • Purpura thrombopénique immunologique (thrombopénie souvent sévère)

    • Maladie auto-immune (Lupus, SAPL...)

    • Iatrogène (immuno allergiques, dont les thrombopénies induites par l’héparine TIH)

    • Certaines causes virales

  • Allo-immunes

    • Post transfusionnelles

    • Néonatales allo immunes

  • Diverses : 

    • Micro angiopathies thrombotiques

    • CIVD

    • Liée à la grossesse 

      • Gestationnelle, le plus souvent modérée

      • Ou pathologique : pré-éclampsie, HELLP syndrome)

    • Maladie de Fanconi

    • Hypothermie

Adressage spécialisé

Toute thrombopénie chronique <100 G/L nécessite un avis spécialisé.

Toute thrombopénie aiguë < 20G/L nécessite une prise en charge urgente.

Références

1.

Hématocell. Diagnostic d’une thrombopénie. Hématocell [Internet]. déc 2011. Disponible sur: https://www.hematocell.fr/plaquettes-sanguines-et-leur-pathologie/diagnostic-d-une-thrombopenie

2.

Société française d’hématologie. Item 212 Hémogramme chez l’adulte et l’enfant : indications et interprétation. In: Hématologie. Elsevier Masson; 2024. p. 31‑46.

Dernière mise à jour: 16 août 2026